LES ÉDITORIAUX

ACP Pratique et recherche n°25

Quelle est la place du psychologue et du psychothérapeute dans notre monde en pleine mutation? La naissance de la psychologie, à la fin du XIXe siècle, s'est faite dans un environnement avant tout médical, à une époque oû le domaine du social n'existait pas tel que nous le connaissons aujourd'hui. La profession s'est depuis développée à cheval entre ces deux grands domaines; elle n'est pas purement médicale et ne relève pas vraiment non plus du social, tout en contenant un peu des deux. Cette dualité est régulièrement  source de tensions, de difficulté de définition et de positionnement. ...

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ACP Pratique et recherche n°24

Par essence, les processus humains et les questions existentielles auxquels sont confrontés les personnes suivant une psychothérapie concernent tout un chacun, et les thérapeutes n'y échappent pas. Pour autant, il n'est pas évident de le reconnaître et de toujours savoir comment prendre en compte cet état de fait. Si nous pouvons admettre, ou du moins envisager, que par exemple "beaucoup de notre temps se passe en production d'excuses, de défenses, de constructions d'images pour combattre nos propres réalités indésirables et celles des autres, et en création d'apparences que nous désirons voir devenir des réalités" (p.44), saurons-nous en identifier les conséquences dans notre pratique ? ...

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ACP Pratique et recherche n°23

La question de la différence, et des réactions qu'elle sucite en nous, est un des défis constants de notre vie et un des grands facteurs de conflit, ou à l'inverse de paix, suivant comment nous parvenons à y répondre. Bien que nous semblions être par nature fort curieux d'aller sans cesse de l'avant, attirés par de nouvelles découvertes, l'exploration de ces univers inconnus que représentent les autres, parfois proches, souvent lointains, n'a pour sa part rien d'une évidence. Bien souvent, "les différences sont automatiquement vues comme dangereuses et susceptibles de semer la discorde et ne sont par conséquent pas aisément sujettes à l'exploration et à la négociation" (p.10), et notre réflexe premier consiste plus en un rejet qu'en une attitude d'ouverture. Il s'ensuit des réactions de contrôle, de prise de pouvoir, de mise à distance, dans lesquelles certaines de nos tendances les plus destructrices semblent trouver une justification collective. ...

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ACP Pratique et recherche n°22

La psychothérapie centrée sur la personne est-elle universelle ? Est-elle applicable dans un milieu psychiatrique par essence directif ? Ou dans des pays de culture musulmane où la profession est peu développée et où la référence au Coran fait partie du quotidien des personnes ? Les différences culturelles ou d’environnement professionnel laissent-elles de la place pour des praticiens centrés sur la personne ? Les réponses ne sont pas évidentes tant elles sont liées à des situations pratiques spécifiques. L’Approche centrée sur la personne est exercée en Turquie, par exemple, avec un certain succès. Elle suscite également un réel intérêt dans un pays comme la Chine. Mais, à part au Japon où elle s’est développée depuis des décennies et où existe une importante littérature, il est difficile de se faire une idée claire de la manière dont elle est appliquée dans des pays aux cultures si différentes. Et, par suite, il...

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ACP Pratique et recherche n°21

Ceux qui ont l’expérience de séances de psychothérapie centrée sur la personne, que ce soit en tant que client ou en tant que thérapeute, ont souvent pu réaliser à quel point leur corps participait de la démarche. Cela se traduit de diverses manières, y compris par le sentiment d’avoir effectué, en une séance, un effort physique intense – accompagné d’ailleurs du fait d’avoir réellement transpiré. Si l’importance du non verbal dans la communication est généralement admise, la manière dont le corps participe de l’écoute a été fort peu décrite. Au moment de l’aborder, il semble que nous manquions de mots précis. Nous pouvons alors en être réduits, par exemple, à parler de « sentir en mode corporel-affectif » pour tenter de décrire le processus de perception dans son corps qui « fait partie intégrante de la relation du thérapeute avec un client » et « est répété encore et encore...

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ACP Pratique et recherche N°20

Remettre son pouvoir à la personne, considérer, en thérapie, que « c’est le client qui connaît son mal » (p. 46) est un des principaux bouleversements provenant de l’oeuvre de Rogers. Aujourd’hui encore, cette perspective est difficilement acceptée. Elle rejoint pourtant ce que disent bien des personnes qui sont passées par des états psychiques qualifiés de «patho -logiques ». À les lire, il y aurait beaucoup à gagner à écouter leurs témoignages et «un plus grand nombre de personnes devraient comprendre l’idée de rétablissement selon les usagers de ces services » (p. 30). Cette démarche demande de pouvoir se libérer d’un conditionnement social qui mène à considérer avant tout comme important ce que fait le thérapeute et à accorder une moindre place au client, ou patient. Ce faisant, la dimension relationnelle est également minimisée. Pourtant, «quand il n’existe pas de carences physiques […] » (p. 59), la dimension humaine soignante...

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ACP Pratique et recherche N°19

Il est étonnant, alors que les expressions « relation thérapeutique » et « relation d’aide » sont couramment utilisées dans les professions concernées, que relativement peu d’attention soit portée à la valeur, à la nature, à l’impact ou encore aux effets de la dimension humaine et relationnelle en psychothérapie. Dans les milieux de la recherche, par exemple, « la question critique pour la plupart des chercheurs de la relation thérapeutique est liée à l’adaptation de la relation thérapeutique à un individu» (p. 63). Dans une telle conception, la relation est prise comme factuelle, pragmatique, laissant bien peu de place à la nature à la fois interactive et unique de toute rencontre entre deux êtres humains, ainsi qu’à sa dynamique propre. Pourquoi une telle situation? Pourquoi la part humaine de la relation thérapeutique n’est-elle pas considérée d’office ? Par besoin de pouvoir et de contrôle ? Par peur de l’inconnu, de ce...

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ACP Pratique et recherche N°18

La psychothérapie centrée sur la personne et les différentes applications de l'Approche centrée sur la personne se caractérisent par plusieurs dimensions qui en composent l'identité profonde et la plupart du temps les différencient des conceptions les plus répandues. Ces dimensions cepenant ne se comprennent pas prises isolément mais sont à considérer comme relevant d'un tout, duquel elles se réfèrent tout autant qu'elles le composent. Ainsi en est-il de la manière d'entrer en relation. Notre façon d'aborder un autre être humain dépend de notre regard sur lui, de notre considération ou déconsidération, de nos idées préconçues plus ou moins fortes, de notre but ainsi que bien sûr de notre état d'humeur. En Approche centrée sur la personne, la minière d'entrer en relation est dessinée d'une part par le choix assumé du regard positif inconditionnel et d'autre part par la volonté de laisser son plein pouvoir à la personne. "Cela signifie, dans le cadre...

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ACP Pratique et recherche N°17

La psychothérapie et la relation d’aide offrent des espaces privilégiés à la découverte du fonctionnement du psychisme humain. Cette exploration est d’autant plus porteuse de résultats que les personnes qui consultent sont souvent désireuses de trouver des réponses, par suite d’une nécessité de vie ou d’une exigence intérieure. Elles sont à la recherche de ce qui leur échappe et qui, par conséquent, les limite. Dans ce vaste champ de l’exploration et de la compréhension de soi, la thérapie centrée sur le client et l’Approche centrée sur la personne occupent une position particulière, dont les conséquences sont encore loin d’être toutes mises à jour. «Tout cela découle également du fait que, au fil de l’histoire de l’approche, la théorie s’est établie et s’est modifiée à la lumière de la pratique» (p. 27). Les constats faits dans le cadre de cette pratique proviennent ainsi de l’observation et ne sont pas le fruit...

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ACP Pratique et recherche N°16

Commencer une psychothérapie, c’est vraisemblablement aller au-devant de grands changements, pour soi et dans sa vie. Mais c’est en même temps rester soi, avec ses caractéristiques, ses qualités et ses défauts, sa « couleur » personnelle, ses points forts et ses points faibles. Changer ne veut pas dire devenir quelqu’un d’autre ni éliminer ce qui, en soi, ne nous convient pas. Cela veut dire devenir plus connaissant de soi-même, plus apte à franchir ses obstacles personnels. «Solutionner », dénouer ses blocages, ce n’est pas en éliminer les ingrédients premiers ; évoluer, c’est plutôt devenir capable de faire autre chose avec ce que nous sommes, en restant la même personne, en gardant le même tempérament. La question du changement s’applique également à la démarche en relation d’aide qu’est l’Approche centrée sur la personne. Les énoncés élaborés au milieu du siècle dernier sont-ils toujours valables ? Correspondent-ils encore à l’actualité ? Là aussi,...

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