Comité Éditorial – Page 2 – Revue francophone internationale de l'Approche centrée sur la personne
 

Author: Comité Éditorial

ACP Pratique et recherche N°12

La plupart des écoles de psychothérapie considèrent l’empathie comme étant l’un des fondements de toute démarche de relation d’aide. Elles divergent par contre quant à la place et l’importance qu’elles lui accordent. Dans la théorie et la pratique de l’Approche centrée sur la personne, l’écoute empathique est, avec la congruence et le regard positif inconditionnel, l’une des trois conditions à remplir de la part de l’écoutant. Ces trois dimensions interagissent et forment un tout qui déterminera la qualité de l’accompagnement thérapeutique ou de la relation d’aide. Elles sont considérées comme suffisantes et toute autre attitude ou méthode du praticien risquera d’être nuisible à la progression du client. Il fallut des années de pratique, de réflexion et d’étude à Carl Rogers pour parvenir à définir les fondements de sa démarche en relation d’aide. Il n’a pour autant pas toujours été compris, et souvent déformé. Il a, surtout, développé une conception qui ne...

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ACP Pratique et recherche N°11

Dans le cadre d’une relation d’aide, qu’est-ce qui fait que quelqu’un change ? La réponse, selon la démarche centrée sur la personne, a trait au potentiel de croissance de l’être humain, et est de ce fait inhérente à la personne. Ce n’est pas, selon cette conception, par un apport extérieur de connaissance que se produira le changement : il n’y a pas de connaissances supérieures, dont certains seraient dotés – les professionnels – et d’autres pas – les patients, les clients, les résidents. Cette position reste minoritaire, bouleversant les habitudes, idées et conceptions les plus répandues dans les métiers de l’humain. Elle met la valeur humaine au centre, considère comme premiers et prioritaires le contact et la qualité de la relation. Elle intègre dans ses fondements que « les ‹relations› sont considérées par les êtres humains comme la principale source de sens » (p. 48). Elle demande de se former et...

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ACP Pratique et recherche N°10

La démarche développée par Carl Rogers est empreinte de cohérence et de simplicité, tant dans sa pratique, quel que soit le domaine d’application, que dans ses dimensions théorique et philosophique. Elle concerne l’humain et de ce fait renvoie chacun à sa réalité, avec ses acquis, ses limites et sa complexité. Elle pose cependant une exigence sur l’individu, celle de ne pas être enfermé en soi-même, dans ses conceptions, ses pensées, ses impressions. Elle l’invite plutôt à une ouverture au monde et aux autres, à participer à une réalité toujours en mouvement et à s’y adapter constamment. Elle est une discipline en même temps qu’une « attitude qui rend humble devant le mystère des autres et qui fait que l’on souhaite seulement les reconnaître et les respecter » (p. 23). Pour être simple, cette attitude n’est pas pour autant synonyme de facilité. Elle ne ménage pas la part d’orgueil et d’égocentrisme qui...

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ACP Pratique et recherche N°9

La psychothérapie est encore fréquemment assimilée à des notions médicales, son bénéficiaire est le plus souvent appelé «patient» et bon nombre de ses praticiens estiment que leur métier devrait être pris en compte par les systèmes de santé de leur pays respectif. Dans la pratique, elle fait pourtant l’objet d’une utilisation plus ample, couvrant un large spectre de souffrances humaines, qui apparaissent comme plus liées à la condition et à l’évolution humaine qu’à des dimensions proprement pathologiques. Elle répond également à une recherche de mieux-être, de meilleur fonctionnement, de plus grand accès à son potentiel, et relève pour beaucoup de l’antique question de la connaissance de soi. La psychothérapie élaborée par Carl Rogers fut dès son origine clairement positionnée comme dépassant le champ médical. Elle présenta une philosophie des personnes et une pratique thérapeutique cohérentes, dont «les positions fondamentales ne sont ni dépassées, ni à compléter par d’autres approches ; elles...

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ACP Pratique et recherche N°8

Après plusieurs années de pratique professionnelle, Carl Rogers réalisa qu’il travaillait fort différemment de ses collègues. Il décida alors d’observer, de définir et de décrire sa manière de pratiquer, jusqu’à développer une approche à part entière. Il n’a ensuite cessé de préciser, présenter et tester cette approche. Une de ses grandes forces fut de ne pas le faire en comparaison avec ce qui existait déjà, ce qui lui permit l’élaboration de nouveaux critères, dont bon nombre devinrent partie prenante du champ de la psychothérapie et des professions de la relation d’aide au sens large. Il demeure cependant vrai que l’Approche centrée sur la personne est une position, une vision particulière. Elle propose et défend un tout cohérent dont la valeur justifie de poursuivre dans la voie ouverte par son fondateur. Pour cela il convient de continuer à affirmer cette conception dans sa spécificité, à ne pas craindre la confrontation avec d’autres...

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ACP Pratique et recherche N°7

Carl Rogers a résolument, au cours de sa vie, ancré l’Approche centrée sur la personne dans la relation humaine. Bien que définie, elle n’est pas une technique ; bien que précise, elle demande adaptation constante. Et c’est tant mieux, s’agissant de l’humain, que de ne pas penser à l’enfermer dans des cases et des formules toutes faites. En corollaire, cela ouvre de nombreuses questions sur la capacité d’être soi-même, en tant qu’être humain, un aidant valable pour un autre être humain. Surtout si l’on envisage, non comme un beau concept auquel on est tout prêt à adhérer, jusqu’à ce que le premier obstacle ne nous en détourne, mais comme une réalité à mettre en pratique le fait que «le but essentiel du thérapeute centré sur la personne, le seul et même but pour tous ces clients, c’est d’être un aidant efficace» (p. 87). Un aidant qui accepte que ce n’est...

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ACP Pratique et recherche N°6

Nous nous souvenons tous, dans notre inconscient collectif, ou peut-être dans notre conscience collective, de ces temps où l’homme, parce qu’il ne comprenait pas, ne savait pas ce qui se passait au juste, avait une peur profonde, naturelle, de phénomènes comme la foudre ou l’orage. Nous avons, aujourd’hui, une tendance première, spontanée, «naturelle» elle aussi, à tenter d’expliquer et de contrôler, souvent dans une perspective linéaire de cause à effet. Tel comportement, telle difficulté, telle problématique sont vus comme ayant une cause, que nous recherchons et pensons devoir maîtriser, considérant que là est le chemin vers une résolution. Pourtant, nombre d’observations nous montrent un autre visage du monde, du vivant et de l’humain. Dans différentes branches scientifiques, bien des chercheurs rejettent la vision mécaniste au profit d’une vision holistique et processuelle (pp. 5-26). Pour cette conception, le vivant n’est pas constitué d’états statiques, mais de mouvements, d'interconnexions et de créativité constante....

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ACP Pratique et recherche N°5

En science humaine, la conception qu’on porte en soi de la vie et de la personne est un des principaux déterminants de la manière dont on abordera son activité, qu’elle soit de nature intellectuelle, réflexive ou pratique. Ainsi en est-il de la recherche où, suivant les options prises, le chercheur se tournera vers des procédures tendant à objectiver l’être humain ou au contraire à le considérer comme un participant à part entière. Dans le premier cas, nous aurons des sujets de recherche dans le sens d’objets, dans le second dans celui d’individus actifs. En arrière-plan, la question est de savoir s’il convient de neutraliser au maximum la participation consciente, en ne dévoilant pas les objectifs de recherche et en donnant le minimum d’information sur ses intentions en tant que chercheur, de manière à avoir les réponses les moins orientées et les plus «pures» possible. Convient-il à contrario de faire réellement participer...

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ACP Pratique et recherche N°4

Comment faire lorsque l’on est confronté à ce qui nous échappe, que nous ne pouvons comprendre ? Comment travailler avec des personnes dont la manière de penser, de se vivre au monde nous est étrangère, et avec qui nous ne pouvons communiquer selon les modes qui sont les nôtres habituellement ? Personne n’a de réponse universelle et il n’en existe assurément pas. Ce que nous pouvons, bien sûr, c’est faire part de nos réflexions et de nos expériences dans le domaine. Cet échange est essentiel. Il y a également un certain nombre de données qui méritent notre attention et sont entre nos mains, car elles touchent à toute relation humaine ; de ce fait elles peuvent prendre une importance encore plus grande dans ces situations particulières où le langage verbal passe au second plan. Ainsi peut-on, doit-on reconnaître et prendre en compte que, dans les métiers de la relation d’aide, les...

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ACP Pratique et recherche N°3

Il est des sujets universels, d’autres plus proches de réalités personnelles, culturelles ou sociales. Il en est également qui touchent aux deux dimensions, qui relèvent de l’individuel comme du général. Ainsi en va-t-il de l’éthique : il y a le sujet « éthique », sur lequel de longues et habiles discussions peuvent être tenues, et il y a la manière dont chacun d’entre nous est porteur d’éthique, dans sa vie quotidienne et sa relation aux autres. Ce n’est alors plus un débat d’idées ou de valeurs morales, mais bien un enjeu de notre vie de tous les jours, et de notre vie professionnelle dès lors que l’on travaille dans un métier de la relation. Pour parler en termes concrets, prenons l’exemple du respect, entendu non pas dans le sens de respect dû à quelqu’un qui occupe telle ou telle fonction, qui a telle ou telle image, mais dans celui de considération...

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